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 Dans toutes les larmes s'attarde un espoir.

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Ludmillia A. Clarson
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MessageSujet: Dans toutes les larmes s'attarde un espoir.   Dans toutes les larmes s'attarde un espoir. Icon_minitimeMar 12 Jan - 22:28

Dans toutes les larmes s'attarde un espoir. Img-115024ai3lx Dans toutes les larmes s'attarde un espoir. 1zvejhz
« Dans toutes les larmes s'attarde un espoir. »
with Ludmillia A. Clarson & Jessica L. Parker





Une fois n’était pas coutume, Ludmillia écoutait le cours de psychologie.
Le sujet d’aujourd’hui la fascinait, la bouleversait. En effet, le prof avait décidé de parler du deuil. Lorsqu’il avait mentionné les difficultés pour les orphelins à accepter la mort de leurs parents, Ludmillia avait tout à coup été plus attentive...
Tout ce que le professeur avait décrit, elle le connaissait, et une amère sensation de vécu la submergeait à chacun de ses mots. Tout cela réveillait des souvenirs brûlants pour elle : on ne se remet pas facilement de la perte d’une mère, en particulier si cette même mère est morte par votre faute...
Il arrivait des jours où Ludmillia aurait préféré ne jamais naître. Ainsi, sa mère n’aurait jamais accouché d’elle, et ne serait jamais morte. En ce moment, elle serait en vie, chantonnant et souriant gaiement à un petit enfant qui lui, ne l’aurait pas tué...
La douleur de ces réflexions avait provoqué une migraine atroce, chez Ludmillia. Elle avait la tête en feu, et, focalisée sur sa souffrance et sa tristesse, la jeune fille n’entendit ni la cloche sonner, ni son professeur l’apostropher.

« Mademoiselle Clarson ? Mademoiselle ? Mademoiselle ? »

Il poussa un grand soupir, s’approcha de l’adolescente qui luttait contre les larmes, et hurla à son oreille :

« LUDMILLIA CLARSON ! »

L’intéressée sursauta. Constatant la frayeur qu’il lui avait infligée, et la peine sur son visage, le professeur reprit sur un ton beaucoup plus doux :

« J’aimerais vous parler. Approchez vous de mon bureau. »

Ludmillia le suivit au fond de la pièce, devant une petite table foncée en bois, qui croulait sous les papiers.
A sa grande surprise, Ludmillia remarqua une autre fille, qui attendait aussi devant le bureau. Ses cheveux blonds brillants lui tombaient jusqu’au milieu du dos, et ses joues étaient exactement du même rose clair que celui de ses lèvres. Ses grands yeux bleus étaient perplexes : elle avait l’air de se demander ce qu’elle pouvait bien fabriquer ici.
Voyant leurs airs intrigués, le prof se dépêcha de s’asseoir à la chaise de son bureau, de revêtir ses lunettes, d’adopter son air le plus sérieux, et de murmurer :

« Le thème de la leçon d’aujourd’hui a sans doute dû être éprouvant, pour vous deux. »

Voyant les questions arriver, le professeur continua :

« Vos dossiers scolaires mentionnent vos antécédents familiaux... Egalement la mort de ton père, Ludmillia, et celle de tes parents, Jessica. »

Ludmillia pivota instinctivement vers la fille blonde. Jessica ? Elle aussi était orpheline ?
Mais... que voulait le prof ? Ce n’était pas un sujet à aborder, comme ça, à l’improviste ! Il n’y avait qu’à voir le chagrin dans les yeux de Jessica pour s’en rendre compte.
Remplie d’indignation, Ludmillia fixa l’enseignant d’un air revêche.

« C’est tragique... Et c’est pour cette raison que je vous ai convoqué. Etant donné que nous sommes dans le vif du sujet, j’aurais aimé que vous nous fassiez, à deux, un petit exposé sur la manière de gérer la chose. Ce serait éventuellement pour la semaine prochaine... »

Ludmillia faillit brailler des injures. Parler comme ça, de la mort de sa mère, devant une foule d’inconnus qu’elle ne connaissait pas et dont elle se fichait ? Il pouvait toujours courir.

« Evidemment, vos camarades ne seraient pas au courant qu’il s’agit de votre histoire. Vous parlerez de ces cas-là en général... »

Ludmillia s’apaisa un peu. Un tout petit peu : l’idée ne lui disait toujours rien.

« Je termine en vous promettant que cela vous rapporterait des points bonus dans votre moyenne, ainsi qu’un total de 30 points pour l’examen de fin d’année... Et si l'exposé est bien fait, un éloge dans vos dossiers. »

Ca changeait tout.
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Jessica L. Parker

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MessageSujet: Re: Dans toutes les larmes s'attarde un espoir.   Dans toutes les larmes s'attarde un espoir. Icon_minitimeLun 25 Jan - 22:30

La journée avait été catastrophique. Je comptais sur le cours de Psychologie pour me remonter le moral. J'arrivai en cours à l'heure pile, non sans avoir bousculé quelques élèves au passages - ces derniers refusaient de se décaler pour que je puisses avoir accès à la salle et étant d'un tempérament assez impulsive, j'avais bien évidemment foncé dans le tas. Après que je fusse entré dans la salle et que je me sois confortablement installé dans mon siège, le cours débuta. Lorsque le professeur ouvrit la bouche pour annoncer le sujet sur lequel nous allions débattre aujourd'hui, mon sourire se figea et je tressaillis. Le deuil. J'entraperçus quelques plaisantins s'esclaffer au fond de la classe mais je réussi néanmoins à contrôler mes pulsions meurtrières. Je fini par les ignorer totalement; après tout, ils n'avaient peut être encore jamais approchés la mort de près...
Moi si, de trop père même. Mon père a toujours été une figure emblématique pour moi, un modèle de référence. Sa présence me manquait cruellement, elle avait crée un vide dans mon coeur. Un vide que personne n'avait encore réussi à combler. Je n'avais pas le droit de me plaindre, cependant. Tout était de ma faute, j'étais l'ultime coupable. Si je n'avais pas approcher de trop près le bord de la falaise, ce jour là, si je n'avais pas été aussi stupide alors peut être serait-il encore dans le monde des vivants. Il m'avait certes sauvé, mais à quel prix ? La vie d'une fillette de quatre ans contre celles de ses parents ? Ma mère n'avait, en effet, par supporté le décès de mon père et avait mis fin à ses jours quelques temps après - non sans m'avoir fait comprendre que j'étais responsable de la perte de l'amour de sa vie... C'est ainsi que ma tante m’avait recueilli et que j'avais atterris ici, c'est ainsi que je me retrouvai assise là, devant mon professeur de Psychologie à me remémorer mon passé familial tragique.
Lorsque je sortis de ma rêvasserie, et repris peu à peu conscience de la réalité qui m’entourait, je réalisai que je me trouvai sur un siège, derrière le bureau du prof. Une jeune fille prenait place à mon côté.
Je la regardai et entraperçu son regard vide. Il en émanait une certaine tristesse. Elle devait sûrement se trouver dans mon cas et avoir perdue un proche. Mes conjectures se révélèrent être totalement vrais lorsque le professeur nous expliqua la raison de notre présence. Je notai au passage que tous les élèves étaient sortis, la petite discussion relevait alors plus de la convocation. Je reportai mon attention à notre interlocuteur qui arborait un visage grave, comme s'il était temps de passer aux choses solennelles.

- Le thème de la leçon d’aujourd’hui a sans doute dû être éprouvant, pour vous deux. Il nous regarda comme s'il attendait une quelconque réponse. Il n'en obtint pas et reprit gêné. Vos dossiers scolaires mentionnent vos antécédents familiaux... Egalement la mort de ton père, Ludmillia, et celle de tes parents, Jessica.Je bondis sur ma chaise et toisai le professeur en essayant de contenir ma rage. J'étais furax.

- Ces choses là ne devraient-elles pas restées confidentielles ? Je pense que le cours a été assez difficile comme cela, inutile d'en rajouter dans l'extrême. Si vous permettez, je...
Je n'eus pas le temps de terminer ma phrase qu'on m'ordonna de me calmer et de me rasseoir. En soupirant, je décidai d'obtempérer.

- J'ai conscience que c’est un évènement tragique... Et c’est pour cette raison que je vous ai convoqué. Etant donné que nous sommes dans le vif du sujet, j’aurais aimé que vous nous fassiez, à deux, un petit exposé sur la manière de gérer la chose. Ce serait éventuellement pour la semaine prochaine...

Je me retins de secouer la tête, outré, au lieu de ça, je déglutis bruyamment, pensant que le goût amer qui avait envahi ma bouche disparaîtrait. Comment osait-il nous demander une telle chose ? Pensait-il réellement que le fait de parler d'un sujet aussi épineux devant des inconnus qui s'en fichaient complètement pourrait nous aider psychologiquement à passer outre ce traumatisme d'enfance ? Il ne pensait rien du tout et c'était là le vrai problème, il n'avait aucune idée de la répugnance que nous inspirait sa requête. Il ne pouvait pas le savoir, mais aurait pu néanmoins le soupçonner. Ludmillia et moi échangeâmes un regard attristé puis nous nous souriâmes. Je réalisai alors que nous avions beaucoup qu'un cours de Psychologie en commun. Si Ludmillia acceptait de relever le défi - oui, c'est le mot exact-, alors je le ferai aussi.

- Tu es d'accord ? demandais-je à l'intention de la jeune fille.

L'idée de faire cet exposé à deux me réconfortait, comme si ça rendait la tâche tout à coup moins pénible, presque moins personnelle. De plus, je me ferai peut être une amie qui me comprendrait enfin. Il fallait que je m'accroche à ces deux raisons car c'étaient les deux seuls points positifs. Elle avait un très beau visage, ses longs cheveux saillaient parfaitement à son teint frais. Elle avait l'air gentille et altruiste. Ses yeux semblaient intéressés par l'idée. Voyant qu'aucune de nous deux ne lui répondaient, encore une fois, elle ajouta quelque paroles destinées à nous convaincre.

- Je termine en vous promettant que cela vous rapporterait des points bonus dans votre moyenne, ainsi qu’un total de 30 points pour l’examen de fin d’année... Et si l'exposé est bien fait, un éloge dans vos dossiers.

L'idée était en effet intéressante...
Ma colère s'était totalement évaporée et je souriais désormais au professeur qui me rendit la politesse. Il émanait de lui une entière satisfaction et on en comprenait les raisons. Ce sourire de ma part était l'équivalent d'un « oui ».
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Ludmillia A. Clarson
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MessageSujet: Re: Dans toutes les larmes s'attarde un espoir.   Dans toutes les larmes s'attarde un espoir. Icon_minitimeMar 26 Jan - 21:58

Ludmillia avait cru, en changeant de ville et d’université, avoir laissé son passé derrière elle. Et bien non, ils la rattrapaient toujours, ces moments acides de sa vie ultérieure...
Mais cette fois, c’était pire. Un exposé. Devant tout le monde... Parler de ce sujet brûlant à des inconnus, alors qu’elle n’osait même pas se confier à son père !
Seule la promesse des points bonus avait poussé Ludmillia à accepter. Ca, et l’espoir qu’elle avait lu dans les yeux de sa partenaire pour l’exposé, la fameuse Jessica. La ressemblance de leur passé, cette douleur commune qui les rongeait ; tout cela pourrait ajouter de l’émotion, de la réalité dans leur travaux.

« Oui. Je ferais l’exposé » accepta Ludmillia.

« Formidable ! », s’exclama le professeur. « Et il me semble que Jessica n’y voit pas d’inconvénients non plus... »

Le sourire aimable de cette dernière en disait long, et tout fut rapidement réglé. Le professeur leur donna le sujet exact, ainsi que la date de l’exposé.
Il leur laissait une semaine. Un peu court, comme délai...

« Bon, maintenant, déguerpissez. », leur ordonna le professeur de psychologie, avec sa courtoisie habituelle.

Il semblait être redevenu lui-même après avoir obtenu ce qu’il voulait, et Ludmillia grogna en quittant la salle. Ces profs, ils se croyaient décidemment tout permis... Ils étaient tous les mêmes. La prof de maths était odieuse ; le prof de français, détestable ; celui d’histoire, infect... Il n’y en avait pas un pour racheter l’autre.
Toute à son pamphlet contre les méthodes d’enseignement des instituteurs, Ludmillia ne s’était pas aperçue qu’elle avait débouché sur le parking. Distraitement, elle s’approcha de sa petite voiture, dont la peinture or pâle disparaissait sous les autocollants que Ludmillia avait disposés. Elle mit le contact, et arriva jusque son appartement.
Pour se remettre des émotions de la journée, elle prit un bon bain, se réchauffa rapidement une part de pizza, et la dévora devant la télé. Ensuite, fatiguée, elle fila se coucher.
Ce n’est qu’au matin, en brossant ses longs cheveux bruns, que Ludmillia se rappela ce qu’elle avait oublié. Et un cri strident sortit de sa bouche, tandis que ses yeux s’écarquillèrent :

« Argggh... Je n’ai pas demandé quand je pourrais aller chez Jessica, pour l’exposé ! »

Ludmillia se frappa le front, furieuse contre elle-même. Dire qu’elle ne connaissait même pas l’adresse de Jessica...
La jeune fille jeta un coup d’œil à l’horloge. Dix heures et demie. L’université fermait ses portes à midi : si Ludmillia passait y faire un tour, et demandait à la secrétaire où habitait Jessica, tout n’était peut-être pas fichu...
La suite fut une grande course contre la montre. Tout en enfournant un toast et un verre de jus d’orange, Ludmillia revêtit un jean et un tee-shirt. Elle réussit ensuite à lacer ses Converses en se brossant les dents, le tout en deux minutes cinquante. Elle attrapa ses clés d’une main, et sortit en trombe de l’appartement.
Elle arriva au lycée une demi-heure avant la fermeture. La secrétaire lui indiqua l’adresse de Jessica ; et Ludmillia fonça.
Le quartier était très joli, très calme : de grands massifs de fleurs poussaient à chaque extrémité de bosquets de buis, et les pelouses des maisons étaient très bien entretenues.
Ludmillia s’arrêta devant le numéro 10. Elle relut le papier fourni par la secrétaire : oui, c’était bien le 10. Prenant une grande inspiration, Ludmillia sonna.
La porte s’ouvrit presque aussitôt, sur Jessica en personne. Ses grands yeux bleus étaient gonflés ; elle paraissait venir de sortir du lit. Ce qui était peut-être le cas : sa robe de dentelle semblait se méprendre à une chemise de nuit, et ses longs cheveux blonds étaient emmêlés. Lorsqu’elle reconnut Ludmillia, elle écarquilla un peu des yeux, et jeta un regard honteux sur sa tenue.

« Heu, salut. Désolée de te déranger, mais il faut vraiment qu’on travaille... Enfin, si tu n’es pas disponible, dis-moi quand tu as un moment, et je repasserai. Ou tu pourras venir chez moi. »
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Jessica L. Parker

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MessageSujet: Re: Dans toutes les larmes s'attarde un espoir.   Dans toutes les larmes s'attarde un espoir. Icon_minitimeDim 31 Jan - 20:25

Le suspense était à son comble. Ludmillia allait-elle accepter de faire cet exposé de malheur ? Et bien ... oui. Nous remerciâmes le professeur puis celui-ci nous escorta - pas de la manière la plus polie qui soit - jusqu'à la porte.
C'était donc la fin des cours, la fin de mes ennuis. J'avais maintenant le loisir de rentrer chez moi afin de me replonger dans mon film d'horreur personel. Soirée alléchante au programme... Je grimpai à l'intérieur de ma voiture et mis le contact. Je démarrai - légèrement plus vite que d'habitude. J'avais prévenue ma tante que je voulais un peu plus d'intimité et qu'avoir mon propre chez-moi m'y aiderai sûrement. Elle n'avait d'ailleurs pas protester. J'ouvris la porte puis balançai les clés sur la petite table de salon. Je m'affalai sur le canapé. une petite pression se fit ressentir sur mes genoux, accompagnée d'un miaulement mécontent.

- Oups, je crois que j'ai oublier de te nourrir ce matin.

Ma tante n'avait pas protester, mais elle avait insister pour m'acheter un animal de compagnie pour m'éviter la dépression aigüe dû à la solitude. Elle m'avait donc acheté un petit chaton blanc, que j'avais décidé d'appeler Flip. Je filai dans la cuisine pour lui remplir sa gamelle. Une fois la tâche terminée, j'entrepris d'allumer mon ordinateur situé dans le minuscule salon. La page d'accueil s'effaça, ce qui me laissa l'opportunité d'ouvrir une page blanche, destiné à prendre quelques notes pour lorsque moi et Ludmillia voudrions travailler. D'ailleurs, je me demandais comment nous allions travailler puisque nous n'avions pas nos coordonnées. Je savais juste que la jeune fille vivait dans le même quartier que moi, mais mes informations s'arrêtaient là.
Je ne savais pas quoi écrire. Il n'y avait rien à faire, les doigts de ma main droite restaient figés sur les touches du clavier, tandis que ceux de la gauche tapaient nerveusement sur le bureau. Je poussai un long soupir. Je ne pouvais rien écrire tout simplement parce que le sentiment que je ressentais ne s'expliquait pas. Comment pouvais-je réussir à monter un exposé dont le thème était d'expliquer comment gérer son deuil, si je n'étais jamais arrivée à le contrôler ! J'ai jeté l'intégralité des souvenirs qui pouvaient me rappeler leurs visages, ceux qui avaient la fameuse tendance à me rappeler leurs mort. Tout les photos, ou objets leurs ayant appartenus étaient passer par la fenêtre, sauf deux choses : Un cadre contenant une photo de nous trois qui est actuellement sur ma table de nuit, à côté de mon lit, et le médaillon de ma mère, accroché à mon cou pour l'éternité. Je tenais à ces objets comme à la prunelles de mes yeux. Celui qui se risquerait à me les dérober, n'était pas certain de s'en sortir vivant.
Je ne pouvais rien écrire parce qu'on ne devrait jamais avoir à pleurer un être cher qui nous a été enlevé. D'ailleurs, j'estimais que La Mort n'avait pas le droit de nous enlever un être cher. Pourquoi les plus grands criminels, tueurs en série, violeurs compulsifs et compagnie était jugés, enfermés à perpetuité alors que la plus grande menace pour la race humaine était La Mort ? La justice était-elle aveugle ? Où ne l'a jugeait-on pas parce qu'à chaque tentative de poursuite, elle nous glissait entre les doigts ? Ma raison l'emporta sur la colère et j'opinai à la mention de la deuxième proposition.
Je me levai, non sans faire grinçer mon siège. J'éteignis l'unité centrale puis filai me coucher sans même manger. Il était tard, je n'avais pas vu l'heure passer. Je ne me fit pas prier pour m'endormir et lorsque je fus réveillai par un visiteur. En effet, la sonnette retentissait impatiemment. Je me levai nonchalamment et enfilai un gilet qui m'arrivait jusqu'au genoux. On aurait pu le confondre avec une robe de chambre. Je passai la main dans mes cheveux pour les ordonner. Le visiteur commençait à se faire insistant.

- J'arrive, criais-je.

Lorsque j'ouvris la porte, je fus surprise de voir Ludmillia. Comment avait-elle eu mon adresse ? Je realisai soudain que je n'étais pas en tenue appropriée pour les visites. J'y jetai un oeil puis Ludmillia prit la parole.

- Heu, salut. Désolée de te déranger, mais il faut vraiment qu’on travaille... Enfin, si tu n’es pas disponible, dis-moi quand tu as un moment, et je repasserai. Ou tu pourras venir chez moi.

- Oh non non, c'est très bien. Entre.

Elle s'éxecuta. Je l'ammenai dans le salon où elle prit place sur le canapé. Je la prévint ensuite que j'allais m'habiller et me laver. Je précisai que je n'en avait pas pour longtemps.

- Sois sage et tâche de ne pas trop embêter notre invité, dis-je au chaton, qui me regardait avec des yeux ronds. Je souris et lui caressait le haut de la tête.

J'effectuai un passage en vitesse dans la douche. J'enfilai ensuite un jogging bleu et un haut assorti. Lorsque je n'avais pas cours, j'avais la facheuse manie de me laisser aller. Je descendis en trombe dans les escaliers. J'avais mis dix minutes tout au plus. Je trouvai Ludmillia à la même place avec Flip ronronnant sur ses genoux.

- Désolé, il fait tout le temps ça, riais-je.
Je repris plus sérieusement.

- Bon, on commence par quoi ?
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Ludmillia A. Clarson
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MessageSujet: Re: Dans toutes les larmes s'attarde un espoir.   Dans toutes les larmes s'attarde un espoir. Icon_minitimeDim 31 Jan - 22:27

Le professeur de psychologie ne perdait rien pour attendre. Non seulement, il attribuait à deux pauvres orphelines un exposé sur le deuil ; mais en plus, il leur laissait une misérable semaine pour rendre leurs devoirs. Ludmillia était sur le pied de guerre : plus elle se rendait compte de l’injustice de la situation, plus cela la motivait pour faire un travail impeccable. C’était le seul moyen de porter un coup à l’orgueil de leur prof.
C’est pourquoi Ludmillia avait décidé de s’y prendre tôt, avec son exposé, et elle s’était directement rendue chez Jessica, sa partenaire. Celle-ci avait paru surprise de la voir débarquer ainsi, sans crier gare. Elle s’était néanmoins montrée accueillante, et l’avait invitée à entrer.
Jessica étant toujours en pyjama, elle s’excusa et fila revêtir une tenue plus correcte. Elle laissa Ludmillia en compagnie d’un adorable petit chaton, tout en poils blancs soyeux et doux. Ses grands yeux verts brillaient, ronds comme deux billes, lui donnant un air constamment surpris. Son petit nez rose se retroussait sur ses moustaches fines, ce que Ludmillia prit pour un sourire.
Oui, c’était vraiment un mignon petit animal, et pourtant, à sa vue, Ludmillia gémit et partit se dissimuler dans les coussins du canapé.
Elle avait une affreuse phobie des chats, et ce, depuis toute petite. Elle ne parvenait pas à donner un sens à sa peur : ces boules de poils, avec leurs regards presque humains et leurs longues griffes acérées, l’avaient toujours terrorisée, sans trop de raisons valables.
Le miaulement du petit chat lui donna des sueurs froide : il approchait, se demandant où avait bien pu filer sa nouvelle amie.
Malheureusement pour elle, l’œil vert du chat vit quelque chose que Ludmillia n’avait pas remarqué : une de ses mèches dépassait d’un oreiller. Le félin s’approcha, et, joueur, se mit à donner des petits coups de pattes entre les coussins. Haletante, tremblante, Ludmillia émergea de sa cachette ; ce fut l’instant que choisit le chat pour lui bondir dessus. Il se pelotonna au creux de ses genoux, et Ludmillia, trop effrayée pour bouger, laissa faire.
D’interminables secondes plus tard, Jessica arriva, propre et éveillée. Sa chemise de nuit avait été troquée contre un jean et un tee-shirt de coton. La jeune femme ne parut pas remarquer l’angoisse de Ludmillia, puisqu’elle s’exclama en riant :

« Désolé, il fait tout le temps ça. »

Et enfin, Jessica reprit l’infernal petit animal dans ses bras. Ludmillia soupira d’aise, tout en priant pour que son visage ne paraisse pas verdâtre, et pour que Jessica ne remarque pas que ses muscles s’étaient tendus à l’extrême.

« Bon, on commence par quoi ? » demanda soudain Jessica.

« Commencer quoi ? Aaah, oui, l’exposé », se souvint Ludmillia, que l’incident du chat avait toute chamboulée. « Hum, en fait, je n’y ai pas encore vraiment réfléchi. Mais on pourrait peut-être essayer de chercher des anecdotes de personnes en deuil sur Internet, et puis sinon, j’ai repéré deux-trois bons livres sur le sujet à la bibliothèque de l’université. Je passerai les prendre demain. »

Jessica opinait du chef avec enthousiasme, et Ludmillia comprit avec soulagement que travailler avec elle serait facile. Les deux jeunes filles se rendirent ensuite dans la chambre de Jessica, où se trouvait l’ordinateur.
Ludmillia balaya du regard le parquet clair, le bureau blanc bien ordonné, et le couvre-lit coloré. Elle inspecta les murs aux teintes pastel, remarqua les jolis rideaux de dentelle blanche, et admira la table de chevet en bois taillée dans un style moderne. Elle en conclut alors :

« Tu as une très belle chambre. Le salon aussi est magnifique, même si je n’ai pas vraiment eu le cœur à le contempler, à cause du... »

Ludmillia s’arrêta net, revoyant avec horreur le chat blanc qui miaulait sadiquement, entre ses genoux...

« Ahem. Enfin bref, ton appartement est génial. »

Jessica sourit, et la remercia. Elle alluma ensuite l'unité centrale de son ordinateur, et apporta un tabouret pour Ludmillia. Les deux jeunes filles se mirent alors sérieusement au travail : elle prirent des notes, visitèrent des sites, firent des schémas... Nombreuses étaient les choses à faire, et le temps fila plutôt rapidement.

« Tu sais, c'est pas mal du tout, mais je crois qu'on devrait ajouter quelques témoignages. Par exemple, des personnes endeuillées qui dirait ce qui leur est arrivé sur des forums... »

Jessica approuva. Les deux jeunes filles dérivèrent alors sur un site spécialisé, sur lequel des personnes du monde entier racontaient leurs expériences.

« Exactement ce qu'il nous fallait... » marmonna Ludmillia, satisfaite.

Les deux filles lurent plusieurs histoires. La troisième attira tout particulièrement l'attention de Ludmillia : il s'agissait d'un récit boulversant, dans lequel Antoine Luccio, 15 ans, confiait se détester depuis qu'il avait provoqué la mort de sa mère. En effet, Mme Luccio était morte en le mettant au monde...
Ludmillia, boulversée par la similitude de leurs passés, eut les larmes aux yeux en lisant le témoignage d'Antoine. Elle se reconnaissait tellement dans ses phrases...
Soudain, Ludmillia se rappela du lieu où elle se trouvait. L'heure n'était pas aux sanglots. Et puis, inutile de s'appitoyer sur son sort : Jessica aussi, avait perdu de la famille, et elle ne pleurait pas...

« Au fait, Jessica, je voulais savoir... Surtout, ne me réponds pas si ma question te gêne. Je sais ce que ça fait, la curiosité des gens sur des sujets que l'on a pas forcément envie d'évoquer... Mais bon, je veux vraiment savoir. Lequel de tes proches as-tu perdu ? »

Ludmillia s'aperçut soudain à quel point sa voix était hésitante, tremblante. Décidemment, la mort était un sujet tabou chez elle. Chez Jessica également, puisque son silence se faisait lourd, tragique. Ses yeux semblaient fous, comme hantés par l'atrocité des choses qu'ils avaient vus.
Afin de l'encourager, Ludmillia se lança :

« Moi, c'est ma mère... Elle est morte, comme avec ce garçon, Antoine, en me mettant au monde... »

Son timbre se brisa. Les larmes étaient à présent aux portes de ses yeux : un mot, un geste, un son de plus, et ils couleraient sur ses joues, en une longue traînée calme et brillante, si différente de ce qu'était la vie...
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Jessica L. Parker

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MessageSujet: Re: Dans toutes les larmes s'attarde un espoir.   Dans toutes les larmes s'attarde un espoir. Icon_minitimeLun 15 Fév - 19:37

La seule chose qui me motivait pour l'exposé était le défi qu’il représentait à mes yeux. Si j'abandonnais maintenant, je ne me le pardonnerai jamais. Je ne voulais pas être lâche. Cependant, Ludmillia et moi devions faire vite : le professeur nous avaient accordées tout juste une semaine. Je décidai alors de prendre quelques notes destinées à nous avancer, dès ce soir. J'allumai mon ordinateur et entrepris d'ouvrir une page blanche. J'avais beau me creuser la tête, rien ne venait. Agacée par moi-même, j'attrapai la prise du PC et la débranchai vivement, sans même prendre la peine d'appliquer la procédure habituelle. Il était très tard. Je n'avais pas cours le lendemain mais je jugeai bon d'aller me coucher. Je me suis endormie à l'instant même où j'ai posé la tête sur mon oreiller. Un son mélodique et strident avait, cependant, interrompu mon sommeil. Je m'étais levé à contrecoeur et avais enfilé la robe de chambre bleu ciel qui reposait au pied de mon lit. Je suis ensuite aller ouvrir, de crainte que mon visiteur ne fracasse la sonnette. Lorsque j'ouvris la porte, je vis la personne que je m'attendais le moins à voir. Ludmillia. L'effet de la surprise passée, je lui souris et l'invitai à entrer. Elle s'assit sur le canapé, dans le salon. Flip regardait l'invité avec des yeux ronds souriant. Ce chaton adorait la compagnie, décidément. Je le priai de ne pas embêter Ludmillia, sachant que par pur esprit de contradiction, il ferait tout le contraire. J'avertis Ludmillia que je montai pour enfiler une tenue plus correcte. Je vis dans ses yeux une lueur scintillante. Je ne compris pas, mais sa ne devait pas être bien grave. Je gravis les escaliers puis, arrivée en haut, je plongeai dans la douche et me lavai en vitesse. Je me séchai rapidement et me brossai énergiquement les dents. Le tout fait, je fonçai ensuite en direction de ma grande armoire et enfilai un bas et un haut de coton. La couleur était plus foncée que le pantalon mais le tout était assorti. J'empreintai les escaliers pour la troisième fois de la journée, pour redescendre à l'étage du bas où se trouvait actuellement Ludmillia, tout en enfilant mes grandes Créoles dorées. Je jetai un coup d'oeil à l'horloge et constatai que je n'avais mis qu'un quart d'heure seulement. Je n'avais même pas descendu la moitié des escaliers que j'entendis Ludmillia gémir sur le canapé, dans une position quelques peu curieuse... Elle était littéralement enfouie dans les coussins multicolores qui était en exposition sur le canapé. En face d'elle, Flip donnait des petits coups de pattes dans le tas de coussins. Je n'eus pas peur pour mes coussins - le chaton blanc était trop petit pour avoir des griffes - mais pour la jeune fille. Je m'apprêtai à descendre lorsqu'elle s'éjecta de sa cachette. Je vis Flip bondir sur la demoiselle et s'installer, tout ronronnant, sur ses genoux. Je descendis le restant des marches pour porter secours à ma camarade. Je pris le chaton dans mes bras, embrassai sa petite tête blanche puis le reposai sur la partie la plus éloignée de nous.

- Désolé, il fait tout le temps ça, expliquais-je à Ludmillia. Il était clair que les chats n'étaient pas ses animaux favoris. Bon, on commence par quoi ?[/b]

- Commencer quoi ? Aaah, oui, l’exposé.

Je ris. Elle semblait vraiment gentille, et un peu dans la Lune également. Malgré son étourderie perpétuelle, elle poursuivit d'un air nonchalant. Je pus alors constater qu'elle n'était pas plus enchanter que moi à l'idée de structurer un exposé comme celui-ci.

- Hum, en fait, je n’y ai pas encore vraiment réfléchi. Mais on pourrait peut-être essayer de chercher des anecdotes de personnes en deuil sur Internet, et puis sinon, j’ai repéré deux-trois bons livres sur le sujet à la bibliothèque de l’université. Je passerai les prendre demain.

J'acquiesçai. L'idée était bonne. Et puis si ça pouvait nous éviter d'utiliser notre propre expérience, c'était préférable. Je ne tenais pas à raconter ma vie misérable devant toute la classe remplie d'élèves intolérant et moqueurs...
Nous nous levâmes pour aller nous asseoir devant l'ordinateur, qui n'était toujours pas allumé. Pendant que celui ouvrait la page d'accueil, Ludmillia jeta un coup d'oeil admiratif à la pièce. Il était vrai que c'était ma pièce préférée : toutes ces couleurs étaient accueillantes et rafraîchissantes. Dès qu'on y entrait, on oubliait presque tous nos problèmes.

- Tu as une très belle chambre. Le salon aussi est magnifique, même si je n’ai pas vraiment eu le cœur à le contempler, à cause du...

Ludmillia avait été interrompu instantanément, comme si un souvenir effrayant l'empêchait de poursuivre.

- Du chat ? demandais-je doucement. T'inquiètes, moi j'ai peur des araignées, une vraie froussarde, grimaçais-je.

Elle me lança un regard désolé, puis ne voulant certainement pas s'attarder sur le sujet, elle conclut.

- Ahem. Enfin bref, ton appartement est génial.

- Merci, souriais-je.

Je retournai à mon écran et ouvrit la page internet. Nous avions visitées pas mal de sites, et réalisai un bon nombre de schémas que le bureau était désormais invisible.

- Il y un problème, tous ces schémas... ils ne sont pas vraiment présentables... On a deux solutions : la première, serait de prendre celui qui résume le mieux la situation, tout en sachant que les idées n'y figureront pas toutes; soit on prends la deuxième, celle qui me plait le plus. L'idée est de regrouper tous ces schémas en un seul et unique dessin, une frise chronologique par exemple; on pourrait y mettre le déroulement des choses au fil du temps, et puis sa serait toujours plus propre qu'un gros gribouillis..., riais-je.

Je regardais Ludmillia, elle semblait plutôt d'accord avec moi. L'idée de présenter un torchon incompréhensible devant la classe, n'était, en effet, pas une idée très alléchante... Un exposé était destiné à éclaircir les idées d'une personne sur un sujet bien précis, pas de les embrouiller encore plus. Ce schéma-frise devait être clair et simple à comprendre. Je m'en occuperai personnellement. Ce projet me motivait. J'aimais avoir des responsabilités.
Ludmillia eût soudain une idée. Elle voulait qu'on visite des forums où les gens parlaient de leurs expériences, histoire de voir leurs réactions face au décès d'un de leurs proches. C'était assez morbide, mais cela allait nous être bien utile. Il y avait, comme nous, des gens qui croyaient être à son origine. J'étais plongé dans la lecture d'une orpheline d'à peu près notre âge - la malheureuse avait perdue ses parents dans un tragique accident de voiture - lorsque Ludmillia, les yeux rougies par la peine se tourna vers moi et m'interrogea.

- Au fait, Jessica, je voulais savoir... Surtout, ne me réponds pas si ma question te gêne. Je sais ce que ça fait, la curiosité des gens sur des sujets que l’on n’a pas forcément envie d'évoquer... Mais bon, je veux vraiment savoir. Lequel de tes proches as-tu perdu ?

Sa question me surpris fortement, non par sa demande, mais plutôt par sa formulation directe. Les images défilaient, et je restais impuissante. Ludmillia voulait, en effet, savoir quel proche j'avais perdue. Je réfléchis longuement à la manière dont je pouvais l'exprimer. Théoriquement, je les avais tous perdus. Eux et leur amour, leurs soutiens, leurs présences... J'étais en pleins Sahara. Cependant, si je désirai en rester au techniquement, il n'y avait que deux personnes à mentionner.
Au moment où j'allai répondre, elle m'expliqua comment s'était déroulé la mort de sa mère. Elle était morte en mettant Ludmillia au monde. La jeune fille avait s'était efforcée de ne rien laisser paraître, sauf que sa voix monta dans les aiguës et que ses yeux étaient vitreux, les larmes n'allaient pas tarder. Tout dans son comportement indiquait qu'elle se sentait responsable.

- Eh bien, mon père, ma mère ensuite, puis... tout ce qui va avec, souriais-je faiblement. Elle n'a pas survécu au drame. Drame dont je suis la cause.

Je savais exactement ce que ressentais Ludmillia, cependant, ce sentiment de culpabilité chez elle, n'était pas fondé, contrairement au mien. Moi j'avais une raison, j'avais tué - directement - mon père, j'étais la sale gosse de l'histoire, un détritus contagieux et polluant que tout le monde avait rejeté, dont tout le monde s'était débarrassé. Sauf ma Tante. Je voulais aider Ludmillia, mais je ne savais pas comment lui faire comprendre qu'elle n'était en rien responsable de la mort de sa mère. Je repris donc à son intention.

- T'accuser d'être à l'origine de la mort de ta mère serait t'accuser de vivre ! Ta mère est triste, très triste. Veux tu savoir pourquoi ? Parce qu'elle, elle est heureuse. Heureuse d'avoir mis au monde, une fille formidable qu'elle aime du plus profond de son coeur et qu'elle n'a, à son plus grand désespoir, pas eu le temps de connaître, ni même d'admirer pendant des heures dans son berceau comme le font toutes les mères normales. Elle t'observe, te vois te détruire de l'intérieur un peu plus à chaque jour, chaque minute, chaque seconde, plaider coupable pour un crime que tu n’as pas commis. Tu crois l'avoir tuée mais tu lui as redonné vie, au moment même où tu es venue au monde ! Elle est triste parce que tu es malheureuse.
Un mélange de tristesse et de colère donnait un goût d'amertume aux perles salées qui roulaient, à présent, sur mon visage. Je ne m'en rendais pas compte, cependant.

- Tu n'es pas dans mon cas, tu n'es pas à directement l'origine de la mort de ta mère, alors que moi, c'est le cas pour mon père. Il est mort en essayant de me sauver, moi, petite fillette de quatre ans seulement, qui m'étais dangereusement approchée du rebord de la falaise. Ca aurait dû être moi, ce jour là, mais Dieu en a décidé ainsi. Si je procède à un raisonnement analogue du tien, c'est ma mère la responsable parce qu'elle m'a donnée naissance ce jour-là...
(Mon père est mort le jour de mon anniversaire, la visite des falaises étant une sorte de cadeau.)
J'étais dure, mais la voir se détruire et se tenir pour responsable d'un drame qu'elle n'a pas commis me mettait en colère.
Je repris d'un ton calme, presque un chuchotement.

- La tristesse rend parfois les hommes aveugles.

Ce n'était pas un constat, ni même une accusation, c'était une conclusion. Comme le fin mot d'un avocat dans un tribunal. J'étais le seul et l'unique juré, et je venais de déclarer l'Accusé non coupable. Affaire classée.
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